DÉFINITIONS
Le terme anglais « SCRUM » signifie « mêlée », comme au rugby, sport qui requiert une équipe soudée avançant dans la même direction.
Dans le cadre de travail SCRUM, une « mêlée » se traduit par un sprint. Un sprint (ou une itération) est une phase de développement d’une durée allant de une à quatre semaines durant laquelle l’équipe projet se concentre sur une partie limitée du produit (ou du service) à développer : l’incrément. A la fin du sprint, le nouvel incrément est ajouté aux incréments précédents et peut être livré au client. Le produit s’améliore alors de sprint en sprint et le client peut réagir fréquemment et rapidement à chaque nouvelle version ce qui permet à l’équipe de s’assurer que le projet va dans la bonne direction.
KANBAN est un mot japonais qui signifie “carte de signalisation”, ici les cartes (ou ticket de tâches) sont utilisées comme un outil de management pour visualiser l’avancement du travail. Très utilisé chez Toyota dans les années 50, le kanban était utilisé pour contrôler le flux de travail, améliorer le rendement, réduire les erreurs et ainsi améliorer la satisfaction des clients. Vous l’aurez compris, KANBAN prône un management visuel qui permet la visualisation en temps réel de l’avancement de chaque tâche. Par ailleurs, la notion de “flux de travail” et de “flux tirés” par la valeur vient du Lean Management et de ses 5 principes qui visent à lutter contre le gaspillage (3 types de gaspillages : le gaspillage pur, la surcharge et l’irrégularité) et à garantir de la fluidité dans le travail tout en gardant comme seul objectif la livraison de valeur (produire quelque chose qui n’a pas de valeur étant alors du gaspillage).
DIFFÉRENCES
Maintenant que les deux notions ont été introduites, parcourons ensemble ce qui les différencie :
1. Rôles et responsabilités
Kanban : Il ne définit aucun rôle spécifique au sein de l’équipe. Bien qu’un chef de projet puisse exister, l’organisation repose avant tout sur la collaboration et l’entraide entre les membres, chacun contribuant selon les besoins du flux de travail.
Scrum : Trois rôles sont clairement établis. Le Product Owner définit les objectifs et les priorités, le Scrum Master veille à la bonne application du cadre Scrum et à la levée des obstacles, et l’équipe de développement réalise le travail prévu pour le sprint.
2. Cérémonies et rituels
Kanban : Aucune cérémonie n’est imposée. Toutefois, une revue régulière du tableau (souvent hebdomadaire) est recommandée afin de contrôler les limites de travail en cours (WIP) et d’anticiper les goulots d’étranglement.
Scrum : Le cadre prévoit des cérémonies obligatoires : Daily Scrum (quotidienne), Sprint Planning en début de sprint, Sprint Review en fin de sprint et Sprint Retrospective pour identifier des actions d’amélioration continue.
3. Dates d’échéance et rythme de livraison
Kanban : Le flux est continu et les livraisons se font au fil de l’eau, en fonction des besoins. Il n’y a pas de cycles temporels fixes.
Scrum : Les livraisons sont planifiées à la fin de chaque sprint. Les sprints ont une durée fixe, et un ensemble de tâches doit être terminé dans ce cadre temporel.
4. Gestion des priorités et délégation
Kanban : Fonctionne en système pull où les membres s’auto-attribuent les tâches selon la capacité disponible. Le cœur du modèle repose sur les limites WIP : chaque colonne du tableau a un nombre minimal et maximal d’éléments afin d’éviter la dispersion et d’assurer la fluidité du flux.
Scrum : Utilise également un système pull, mais à l’échelle d’un lot : l’équipe s’engage collectivement sur un ensemble de tâches au début de chaque sprint.
5. Gestion des changements
Kanban : Les changements sont possibles à tout moment, favorisant l’amélioration continue et l’adaptation rapide.
Scrum : Les changements en cours de sprint sont en principe interdits. Si un nouveau besoin apparaît, il devra attendre la fin du sprint en cours, puis être intégré au sprint suivant — ce qui peut créer un délai.
6. Mesure de la productivité
Kanban : La performance est mesurée via le temps de cycle (cycle time), c’est-à-dire le temps nécessaire pour faire passer une tâche du « à faire » à « livré ».
Scrum : La productivité est mesurée par la vélocité, calculée sprint après sprint. Le rythme fixe facilite le pilotage et l’estimation de la capacité de l’équipe.
7. Contextes d’application les plus adaptés
Kanban : Particulièrement adapté aux environnements où les priorités changent fréquemment ou où la charge est très variable.
Scrum : Idéal pour des équipes dont les priorités sont plus stables et planifiables dans le temps.
Résumé en une phrase :
Kanban = flux continu, adaptation permanente, simplicité et souplesse.
Scrum = cadence rythmée, cadre structuré, visibilité et prévisibilité.
La fabuleuse infographie trouvée sur AgileWheel.com qui illustre cet article résume de manière très visuelle les différences entre SCRUM et KANBAN et me permet de conclure cet article en vous parlant de SCRUMBAN : la fusion des deux méthodes.
Dans SCRUMBAN, on décide de garder ce qui convient le mieux à notre équipe :
Certaines équipes décident de garder la notion de sprint mais s’autorisent quelques changements de scope lorsque c’est nécessaire, d’autres l’abandonnent complètement (on peut même alors parler de KANPLAN). Les rôles de Product Owner, Scrum Master et Développeur sont quant à eux conservés. Le management visuel est primordial, les cérémonies SCRUM sont partiellement préservées : on fait une stand-up daily meeting tous les jours et selon les équipes on choisit de conserver ou non la rétrospective ou la sprint review.